Violences sexuelles : Le silence se brise, la loi se renforce

Quelles mesures sont mises en place pour briser le silence ? Celui des victimes de violences sexuelles et celui des criminels potentiels. Et en quoi consiste le projet de loi pour les mineurs victimes de violences sexuelles. C'est le dossier de notre rédaction.  

Laurent Boyet a attendu plus de 30 ans... Plusieurs décennies pour enfin dénoncer les violences sexuelles qu'il a subi pendant 3 ans (dès ses 6 ans) par son frère aîné. C'est dans son livre "Tous les frères font comme ça..." qui a décidé de sortir du silence pour libérer la parole des victimes, les aider à trouver le courage de ne plus avoir peur.

Un combat qu'il mène à travers son association Les Papillons, lancée en avril 2019, elle regroupe désormais 500 bénévoles en France. Elle lutte donc contre les violences faites aux enfants, dans ce cadre ils ont installé des boîtes aux lettres dans les établissements scolaires et clubs de sport pour permettre aux enfants de libérer leur parole de toutes les violences dont ils pourraient être victime.
La première a été installée le 6 mars 2020 du côté de Toulon, mais l'initiative a vraiment été lancée de septembre à décembre 2020 avec l'installation de 16 boîtes un peu partout sur le territoire français. L'association a encore du mal avec les instances académiques pour faire comprendre l'importance de leurs actions.

À chaque établissement, Les Papillons interviennent auprès des enfants et adolescents pour leur expliquer ce qu'est un inceste, ce qu'est du harcèlement scolaire, ce qu'est de la violence familiale, etc. Afin que derrière, ils se rendent compte des délits et peut-être utilisent la boîte aux lettres Papillons pour dénoncer enfin la maltraitance qu'ils subissent.
Les bénévoles passent ainsi chaque semaine récupérer les mots. Aujourd'hui les boîtes aux lettres sont de plus en plus déployées en France, et déjà les mots afflux par nombre...

Une plateforme d'écoute pour les pédophiles
A l’heure où la parole des victimes d’inceste et de pédocriminel se libère partout en France, il en est une difficile à entendre : celle des personnes ayant des attirances sexuelles pour des enfants. À Toulouse, le Criavs, (Centre ressource pour les intervenants auprès des auteurs de violences sexuelles) a lancé une campagne de sensibilisation nationale intitulée S.T.O.P. (Service Téléphonique d'Orientation et de Prévention)  avec un numéro vert, le 0 806 23 10 63 pour des personnes souffrant de pédophilie qui veulent se faire soigner et éviter de passer à l’acte. Ce numéro a été testé pendant un an de novembre 2019 à novembre 2020. Plus de 1000 appels ont aboutis. 300 personnes ont pu bénéficier des aides proposées par ces appels dont 71% avaient des tendances pédophiles. Les autres appels provenaient de personnes voulant se renseigner ou qui étaient des victimes.

La loi évolue
Aider mais aussi condamner les violeurs. Aujourd’hui les avocats évoquent le flou juridique juridique de la loi.
Par exemple il y a 2 infractions à distinguer en matière pénale : le viol; acte de pénétration commis sur une victime sous la contrainte, l’atteinte sexuelle; relation consentie lorsqu’il y a un acte sexuel entre un majeur et un mineur.

Nous avons voulu clarifier la situation alors que le Garde des sceaux propose des mesures de durcissement.
Eric Dupont-Moretti propose de déterminer un âge obligatoire de consentement : 15 ans.   
Autre changement : L’âge obligatoire de la victime d’inceste pourrait être fixée à 18 ans. 
Aussi, le délai de prescription pour les viols est porté à 30 ans.

La loi devrait changer par décret ou bien devrait être discutée au Parlement. Mais Maître Marzials l’assure, il serait "clairement difficile" pour le Garde des sceaux de faire marche arrière, au vu du contexte actuel de libération de la parole des victimes.

 

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